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    L’huile de palme en cosmétique: peut-on s’en passer?

    L’huile de palme est connue pour son impact désastreux sur le plan environnemental et sur la biodiversité: déforestation massive, extinction d’espèces… Et pourtant, 20% de sa production mondiale est dédiée à l’industrie cosmétique, en particulier pour la fabrication de savons et d’émulsifiants. Existe-t-il des alternatives et quelles sont-elles?

    la culture de l’huile de palme menace directement la survie des orang-outans…

    L’huile de palme, c’est quoi ?

    L’huile de palme est une huile qui provient de palmiers à huile.

    Le palmier à huile ne pousse qu’en zone équatoriale, les plantations se trouvent donc principalement en Asie du Sud Est, en Indonésie en particulier, mais aussi en Amérique du Sud et en Afrique.

    Cette huile a la caractéristique d’être peu onéreuse et très rentable pour les personnes qui l’exploitent. 

    Selon la FAO, « le palmier à huile occupe 6% de la surface mondiale pour la culture d’huile végétale ». En revanche, il représente environ un tiers de l’huile végétale mondiale produite, avec plus de 50 millions de tonnes chaque année.

    A titre de comparaison, le colza, le tournesol ou le soja requièrent jusqu’à neuf fois plus de terres cultivées que l’huile de palme pour une production équivalente.

    Où trouve-t-on l’huile de palme ?

    Partout ! 

    À l’échelle mondiale, l’huile de palme est principalement utilisée dans l’industrie alimentaire (80 %), dans l’industrie cosmétique (19 %) et enfin en tant qu’agrocarburant (1 %).

    En alimentaire, l’huile de palme est facile à repérer, il s’agit des inscriptions « huile végétale » ou encore « matière grasse d’origine végétale » dont la nature n’est pas précisée. 

    En cosmétiques, l’huile de palme (Elaeis Guineensis Oil) n’est quasiment jamais présente à l’état brut, vous la trouverez sous forme transformée. Beaucoup de conservateurs, d’émulsionnants et d’agents de texture sont fabriqués à partir d’huile de palme. Elle est également très présente dans les savons, où elle apparaît sous la dénomination « sodium palmate » ou encore « sodium palm kerenelate ». L’huile de palme fait en effet partie des corps gras qui permettent d’assurer de bonnes propriétés moussantes et de dureté au savon.

    Pour reconnaître les dérivés d’huile de palme dans vos cosmétiques, il faut repérer les suffixes PALM, CAPRYL, LAURYL, CETEAR, STEAR, DODEC, MYRIST. Les produits incluant ces suffixes ont de grandes chances de provenir de l’huile de palme. Ils peuvent aussi provenir dans certains cas de coco de ou matières grasses animales.

    Quel est le problème ?

    L’huile de palme ne représente pas de danger sanitaire pour les personnes qui la consomment. C’est une huile équivalente à de nombreuses autres. Consommée en grandes quantités, elle présente les mêmes risques.

    Le problème vient de la culture outrancière du palmier à huile pour faire face à une demande qui explose, et qui a un impact désastreux tant sur l’environnement que sur la biodiversité.

    D’après un rapport de l’UICN (Union Internationale pour la Préservation de la Nature, Think Tank dont les membres sont des ONG, des gouvernements et des organisation de peuples autochtones) : 

    «Près de la moitié des développements de cultures de palmiers à huile entre 1972 et 2015 ont eu lieu en zones forestières [en Indonésie et en Malaisie] alors que l’autre moitié s’est faite aux dépens d’autres cultures de pâturages, de terres arbustives et d’autres allocations foncières» .

    La déforestation comme impact majeur

    L’ile de Bornéo a par exemple perdu 50% de sa forêt, remplacée par la culture du palmier à huile.

    La déforestation a de forts impacts environnementaux. D’une part, sur la biodiversité, un effet sur la qualité de l’eau locale contaminée par les engrais chimiques et toxiques. D’autre part l’émission importante de gaz à effet de serre due aux feux de milliers d’hectares de forêts organisés pour remplacer la forêt tropicale par le palmier à huile (« technique dite du brulis »).

    Greenpeace a fait une enquête sur 25 producteurs d’huile de palme en Asie du Sud-Est. Depuis 2015, ces producteurs ont brûlé 130 000 hectares, soit 13x la taille de Paris.

    Le rapport de l’UICN recense 193 espèces menacées, dont les tigres et les orangs outans, directement impactées par la culture d’huile de palme. Ainsi, 90% des orangs outans qui peuplaient l’ile de Sumatra ont disparu en moins d’un siècle suite à la perte de leur habitat naturel.

    La culture industrielle de l’huile de palme représente enfin un enjeu environnemental majeur. De nombreux produits toxiques sont utilisés dans les exploitations de palmiers à huile. Le paraquat par exemple en est un. Il est interdit en Europe pour des effets cancérigènes prouvés et des impacts sur la fertilité des animaux.  L’utilisation intensive de ces produits contamine les sols, l’eau et représente un danger incontestable pour les personnes travaillant dans les exploitations. 

    Que faire pour limiter la production d’huile de palme? Existe-t-il des alternatives?

    50 % de la population mondiale utilise l’huile de palme pour se nourrir.

    Interdire l’huile de palme purement et simplement est contre-productif. Cette mesure provoquera très probablement un report sur le soja ou d’autres cultures, considérées pire pour la déforestation puisqu’elles consomment des parcelles supérieures.

    La solution passe donc par un travail de fond sur comment rendre la culture du palmier à huile plus durable. Cela consiste à limiter l’usage des produits hautement toxiques utilisés aujourd’hui, améliorer les conditions de travail dans les plantations et créer des zones de préservation des espèces menacées.

    Ainsi, il existe aujourd’hui certaines initiatives et labels portés par des ONG qui permettent de repérer les cultures d’huile de palme dites « durables ». On peut citer entre autres la certification RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil) « Green Palm », l’initiative « Palm Oil Innovation Group » ou encore la certification Bio portée par Ecocert GreenLife.

    Ces différents labels sont plus ou moins exigeants et fiables. Ils ont certes le mérite d’exister, mais comme tous les labels, ils présentent leurs limites! Certains d’entre eux sont toutefois très respectables, tant sur le plan du commerce équitable, que de la durabilité.

    On rappelle que 20% de la production mondiale d’huile de palme est consacrée à l’industrie cosmétique. Contrairement à l’agro-alimentaire, on peut se demander si les besoins de cette industrie ne sont pas excessifs?

    Ne peut-on vraiment pas trouver des alternatives afin de réduire l’importation de cette matière première?

    Chez les Candides…

    …On n’aime pas vraiment l’idée que nos routines beauté contribuent à la déforestation et à l’extinction des orang-outans!

    Alors on fait le choix de préférer des alternatives à l’huile de palme, quitte à ce que cela nous coûte un peu plus cher.

    Nos savons sont ainsi fabriqués à partir d’huile de colza et d’olive, sourcées en France pour limiter notre empreinte carbone. Alors oui, ils moussent un peu moins, mais on peut vous assurer que la qualité n’en est que meilleure!

    Sources :

    http://www.lefigaro.fr/sciences/2018/06/26/01008-20180626ARTFIG00182-l-huile-de-palme-est-une-catastrophe-ecologique-mais-l-interdire-serait-pire-encore.php