• écologie

    Notre rencontre avec Patrick dans le Perche, un apiculteur engagé pour le goût, et pour la biodiversité.

    Il y a miel et miel. Nous sommes allées à la rencontre d’un apiculteur extraordinaire: Patrick, apiculteur dans l’Orne. Son combat: « que les consommateurs retrouvent du palais ». Et il entend bien rendre ses lettre de noblesses à un produit d’exception, menacé par la disparition des abeilles.

    Dans le sublime parc du Perche, Patrick en observation des ruches et des essaims…

    Cet ancien Directeur Commercial reconverti en 2015 est un passionné, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas les choses à moitié. On a adoré son franc-parler, son engagement sincère et profond pour l’écologie et son refus des normes et des labels. Pragmatique et pas dogmatique pour deux sous, il comprend qu’il est indispensable aujourd’hui de s’adapter à l’agriculture telle qu’elle s’est construite ces trente dernières années, tout respectant la biodiversité et en dialoguant avec les parties prenantes. 

    Patrick et nous !

    Ses miels – qu’on a eu la chance de tous goûter ! – reflètent l’exigence qu’il apporte à son métier, le respect qu’il porte aux abeilles et au fragile écosystème dont elles font partie. Pas étonnant que de nombreux grands chefs étoilés français proposent ses miels dans leurs menus, quasiment à l’état brut.

    Un enfant du terroir, sceptique sur le bio

    Fils d’agriculteurs de la région, Patrick a disposé ses ruches sur environ 4000 hectares dans la magnifique province du Perche, en Basse Normandie. 

    Ses partenaires sont des paysans de la région qui se sont engagés à héberger chez eux ses ruches et surtout, à respecter ses abeilles. Pas de contrat, pas de paperasse, juste un engagement moral : « la parole ici, c’est sacré, surtout entre paysans ».

    Ainsi, les champs ne sont traités que lorsque les abeilles sont rentrées dans les ruches, la nuit, et avec des produits les plus respectueux possibles pour elles. Il ne les sort des ruches qu’une fois les feuilles complètement sèches, ce qu’il met un point d’honneur à vérifier lui-même. 

    « Le bio? en abeilles ça n’existe pas. »

    Patrick Cholet

    Le bio ? « En abeilles, ça n’existe pas. C’est une marque qu’on achète. Une abeille c’est 1km de rayon à butiner autour de la ruche. Pour maîtriser le bio, il faudrait maîtriser l’eau, la terre et le sol ! On n’a peut-être pas besoin d’une estampille. ». Le seul label qui intéresse Patrick: l’AOP, qui certifie l’appartenance de son miel au terroir du Perche, celui de ses aïeux, qu’il affectionne tant et dont il vante le « biotope de qualité ».

    Un engagement pour la préservation de la biodiversité et des abeilles

    Son engagement pour ses abeilles va au-delà de l’amour qu’il porte à ses 350 ruches: c’est un travail d’éducation, presque d’évangélisation, qui l’amène à expliquer quels gestes simples sont importants pour leur préservation. Ne pas tondre sa pelouse, par exemple : « il faut savoir que quand vous tondez votre pelouse, vous enlevez le trèfle, vous enlevez le pissenlit, et c’est ce dont se nourrissent les abeilles. ». Et puis, depuis 2015 il distribue des graines de plantes mellifères pour ramener des abeilles ; Il cible les particuliers, les collectivités locales et les agriculteurs. Son geste a d’ailleurs été salué par le conseil départemental de l’Orne.

    « Ré-habituer les gens à avoir du palais »

    Mais son vrai combat, c’est aussi et surtout celui du retour au naturel et aux choses simples dans la consommation pour « ré-habituer les gens à avoir du palais ». Ce qu’il veut, c’est rendre ses lettres de noblesse au miel, parce que « c’est un produit qui va devenir très rare, les abeilles sont en grand danger, agressées de toutes parts ». Il fustige le faux miel, importé depuis des milliers de kilomètres, qui a subi non seulement des transformation, mais aussi des ajouts (sirop de glucose et autres).

    Son miel à lui n’est jamais chauffé: il pratique l’extraction à froid, sans oxygénation. 

    Il explique: « un bon miel, il faut que ça soit pur. Il faut que ce soit l’abeille qui l’ait travaillé du début à la fin. »

    Patrick nous explique ce qu’est un bon miel

    « Moi, je ne fais pas de rendement »

    Sa vision c’est qu’il est possible de conjuguer production de miel et respect des abeilles: « on ne travaille pas pour la gloire, mais il y a moyen de jumeler les deux: je n’use pas mes abeilles. » Ainsi, Patrick ne récolte pas toute la production de miel des abeilles, mais leur laisse de quoi se nourrir de leur propre production. Contrairement à d’autres pratiques peu respectueuses, il les nourrit le moins possible du sirop de glucose habituellement réservé aux abeilles. Ce dernier ne comporte pas en effet les nutriments, graisses et vitamines naturellement présents dans le miel et contient souvent des OGM et des pesticides.

    Pourquoi est-ce si important de soutenir les abeilles et les apiculteurs respectueux comme Patrick? Il faut rappeler que les abeilles sont cruciales dans le processus de pollinisation des fleurs. Si elles étaient amenées à disparaître, vous pourriez dire adieu à certains fruits et légumes comme les pommes, les carottes… voire même à une grande partie de ce que vous mangez : 35% des aliments que nous consommons dépendent directement des abeilles.

    Nous avons été conquises par Patrick et par ses miels aux propriétés exceptionnelles. Vous les retrouverez bientôt dans nos produits !

  • clean beauty,  écologie,  zéro déchets

    Notre enquête sur vos préoccupations en matière de cosmétiques

    On partage avec vous le résultat de notre enquête sur la cosmétique dans ses aspects « clean » et écologiques!

    En février, on postait une enquête sur différents réseaux sociaux pour comprendre vos attentes en matière de produits de soin du quotidien. (Pour rappel, la voici). Vous avez été extrêmement nombreux (plus de 600) à répondre et même à échanger avec nous par téléphone ! 

    On vous en remercie du fond du cœur ! 🙂

    Les réponses qu’on a eues ont confirmé une chose… une vraie révolution clean et green est en marche. 

    Et pour cause : la moitié d’entre vous avez déjà changé vos habitudes d’achat et de tri en fonction d’aspects écologiques et de santé ces deux dernières années. C’est énorme! Qu’en sera-t-il les deux prochaines ?

    Pour rentrer dans le vif du sujet, voici les principaux points qui sont ressortis…

    Une intransigeance sur la composition

    Vous êtes plus de la moitié à systématiquement vérifier la composition de vos produits cosmétiques avant de les acheter. Aurait-on pu en dire autant il y a 2 ans ? Pas sûr… On sent que les UFC Que Choisir, 50 millions de consommateurs et autres reportages ou « révélations » de la DGCCRF sont passées par là…

    Parmi vos principales préoccupations, la composition d’un produit que l’on s’applique à même la peau arrive en premier parmi les 9 critères que l’on a testés (oui oui, avant même son efficacité)!

    Par ailleurs, vous n’êtes plus prêts à payer la sensorialité de votre produit au prix d’ingrédients bien trop louches… et surtout, vous n’êtes plus dupes.

    Vous l’avez bien compris, cette bonne odeur de fleur de tiaré et cette sensation crémeuse sur votre peau, ce n’est pas très net…

    …D’où notre question. 

    Si la liste des ingrédients (la fameuse liste INCI) est la principale information qui VOUS intéresse dans un produit, pourquoi faudrait-il s’armer d’une loupe pour la lire? 

    Une crise de confiance par rapport aux marques

    La marque ?! C’est has-been ! 

    En tout état de cause, vous ne faites clairement plus confiance aux marques: seuls 8% d’entre vous  voient encore dans les marques une caution « réassurance » sur le produit

    On sent surtout que les compteurs sont en quelque sorte remis à zéro et que vos attentes aujourd’hui sont bien différentes… transparence, engagement et respect du consommateur sont bel et bien au cœur de vos préoccupations. Vous êtes ainsi très nombreux à avoir cité « la marque du consommateur » comme exemple d’initiative qui vous parle.

    Votre rapport aux labels 

    Si vous êtes unanimes sur la composition « clean » d’un produit cosmétique, le label BIO n’est en revanche pas toujours un must.

    En effet, le label vous sert de point de repère et de gage de réassurance. A l’inverse, vous vous posez tout de même des questions sur le bien-fondé de ces labels. Ils sont finalement assez nombreux: Nature et Progrès, Cosmebio, Ecocert, etc… Mais il sont aussi décriés, autorisant parfois des ingrédients jugés controversés sur le plan environnemental par exemple.

    Vous êtes donc sensibles à une démarche globale, quitte à passer un peu plus de temps à comprendre par vous-mêmes.

    Une préoccupation omni-présente : le plastique

    Vous êtes extrêmement sensibles à la pollution engendrée par le plastique. Pour cause, vous êtes 75% à vous déclarer extrêmement sensibles à la pollution engendrée par le plastique et vous êtes 65% à systématiquement trier vos emballages dans la salle de bains. 

    le cauchemar du plastique dans la salle de bains!

    C’est pourquoi vous êtes très nombreux à plébisciter des solutions alternatives. Entre autres : les produits solides, la recharges et la consigne.

    De nombreuses solutions existantes ont été citées. Ainsi, la cosmétique solide semble une réponse évidente à certains problèmes écologiques, au delà de l’absence de packaging et du « zéro déchet ». Un cosmétique solide ne contient par définition pas d’eau, donc uniquement des ingrédients actifs. Il ne contient pas de conservateur, est plus léger à transporter et dure plus longtemps. Ainsi, le retour au bon vieux savon solide par rapport au gel douche est en général votre premier pas vers un mode de vie plus écolo!

    En revanche, la cosmétique solide ne répond pas, aujourd’hui, à tous les besoins. Vous êtes en effet nombreux à rester sceptique par rapport au shampoing solide. Sur le plan de la sensorialité et de l’efficacité, il demande trop d’efforts et ne convainc pas.

    D’où la recherche d’alternatives: recharge et consigne. On a exploré à fond ces sujets et on vous en parle dans un prochain article 😉

    Votre vision de l’impact environnemental

    Sans être dogmatiques , vous êtes sensibles à une démarche globale et réfléchie de prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux.  

    Ainsi, circuit court, réduction de l’énergie sur la chaîne de valeur, traçabilité et économie circulaire sont des termes revenus fréquemment dans vos commentaires. 
    Par exemple, la prise en compte du transport est par exemple un sujet extrêmement important pour vous. En effet, y a-t-il un sens à aller sourcer des ingrédients à l’autre bout de la planète quand on peut trouver l’équivalent près de chez soi?

    On a adoré échanger avec vous et on vous en remercie! Pour finir, n’hésitez pas à commenter cet article et à nous poser des questions 😉